Rapport de veille du Mnistère de l’Intérieur sur le déroulement des manifestations du 20 février 2011

ROYAUME DU MAROC

Ministère de l’Intérieur

Secrétariat d’État à l’Intérieur

Cabinet

Veille informative – MRS 05/11

Lundi 28 février 2011

Note à Monsieur le Secrétaire d’État

Début de semaine sur le web

Les réseaux sociaux restent certes l’outil privilégié pour tenter de mobiliser tout en devenant, petit à petit, des espaces de commentaires et d’analyse de ce qui se passe.

Les messages sur Facebook, Twitter et, de plus en plus, sur les blogs portent aussi bien sur les faits que les enjeux de ces évènements.

Sur les faits :

Nombreux appels à manifester ou à contre-manifester : aujourd’hui puis le 1er mars (« pour une manifestation géante ») ;

le 3 puis le vendredi 4 mars (« dimension régionale » pour cette dernière date : « en Algérie et au Maroc » et dans d’autres pays, sous le vocable de « révolution des Arabes » – Groupe Facebook de 1 100 membres) ;

le 6 mars (« pour soutenir l’amazighité ») ;

le 13 mars (une manifestation pour « les changements et la réforme » mais s’inscrivant clairement dans le cadre d’une « monarchie parlementaire »).

Également en ligne sous format vidéo You Tube un « Appel à la bourgeoisie marocaine » avec un slogan « Réveillez-vous !»

Nombreux reportages You Tube sur les évènements de Dakhla avec, en général, une dénonciation des violences et des destructions commises. Plusieurs commentaires sur « l’exploitation des incidents par les séparatistes. »

Dénonciations multiples des « violences policières » et des « arrestations préventives de militants » à travers le Maroc. Nombreux tweets sur la condamnation d’Amnesty International.

Beaucoup de confusion et de rumeurs ou annonces présentées comme étant non vérifiées :

retrait de l’USFP du gouvernement ;

remaniement ministériel imminent.

Sur les enjeux :

Fin de semaine marquée par une certaine radicalisation des messages sur le net avec notamment :

des mots d’ordre hostiles à la Monarchie et la dénonciation de certains « abus du système » ;

une tentative de créer une « martyrologie » en mettant en avant les gestes désespérés : immolations, grèves de la faim,…

une tentative de faire de Fadoua Laroui un cas emblématique de la révolte à l’instar de Mohamed Bouazizi (apparemment peu suivi) ;

des réactions, pour la plupart très virulentes, d’internautes suite aux propos d’un résident marocain aux États-Unis qui a adressé un message irrévérencieux à Sa Majesté le Roi (You Tube) ; des messages pointant « l’égarement » des pro 20-février et leur « responsabilité » dans les destructions de biens survenus en marge des manifestations.

[La violence verbale allant crescendo peut-elle s’expliquer par la nécessité de surenchérir face à un possible essoufflement du mouvement ? Un indice quand même intéressant : la requête « Maroc » sur les moteurs de recherche dédiés aux réseaux sociaux renvoie à présent en priorité des liens à caractère généraliste, loin devant les blogs ou pages centrés sur le 20 février. Autre indice : le renforcement des pages et groupes appelant à « modérer les propos » ou à « faire preuve de patience. »]

Dans le même ordre d’idées, relevons la conviction exprimée dans de nombreux forums et analyses que les manifestations pourraient in fine apporter des changements en faisant pression sur les pouvoirs publics, mais à un rythme différent de celui des autres pays et de « façon sporadique » car au Maroc, la légitimité du pouvoir n’est pas en cause (analyse de Khadija Mohsen-Finan, universitaire, notamment).

Appel à la prudence face aux possibles manipulations en provenance de mouvances extrémistes ou séparatistes (la « réutilisation » de vidéos datées, comme celle d’une manifestation à Fès intervenue bien avant le 20 février, est pointée du doigt).

Informations sur un « débat » et un « agenda de réformes » que préparerait une association nationale « Jeunes et démocratie » (Source Hespress).

Quelques analyses ici ou là tentant d’évaluer l’impact des manifestations, en particulier des débordements, sur le développement économique du pays, notamment sur l’activité touristique (Marrakech et Dakhla).

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