La lettre de course

Le nouveau « Statut Avancé » que l’Union Européenne essaie d’accorder au Maroc ressemble beaucoup à ces contrats ou licences que les anciens rois donnaient aux pirates pour qu’ils agissent en leur nom, sous leur protection et ne fussent pas traités comme ce qu’ils étaient en cas d’une capture.


Selon Wikipedia :
<< La lettre de course (du latin cursus," une course") était un document livré par les monarques des nations ou les maires des villes (dans son cas, les corporations municipales) en vertu duquel son propriétaire avait la permission de l'autorité d'attaquer des bateaux et des populations des nations ennemies. De cette façon, le propriétaire devenait une partie de la marine du pays ou la ville débitante.

Les lettres de course ont été très utilisés dans le Moyen Âge et dans l’Âge Moderne quand les nations ne pouvaient pas couvrir les frais des marines propres ou bien celles-ci n’étaient pas suffisamment grandes. De cette manière, la France et l’Angleterre les ont amplement utilisées et l’Espagne les a utilisées très tardivement et dans peu d’occasions.

Cela permet au propriétaire :

– Pouvoir utiliser le mouillage et les ports de la nation qui l’octroyait.
– Avoir l’accès aux ravitaillements et approvisionnements d’une forme égale ou similaire à celles dont disposaient les vaisseaux réguliers de la marine du pays en question.
 – Pouvoir la montrer à l’armée ennemie, en cas de capture, et solliciter être traité comme prisonnier de guerre, au lieu de comme pirate, évitant ainsi d’être pendu « d’une antenne, peut-être, de son propre navire », selon les mots du poète José de Espronceda.
 – Monter au degré de corsaire et se sentir membre de la marine réelle.
– La montrer comme réclame pour le recrutement de l’équipage.

Pour la nation ou la ville


– Pouvoir contrôler de certaine manière le propriétaire. Ainsi Luis XIV et d’autres monarques français exigeaient de fortes cautions pour éviter que les armateurs obligent à ses employés à réaliser des actions impropres à un membre de la marine nationale.
– Disposer d’une armée de mer sans devoir investir dans la construction de bateaux, recrutement d’équipage, d’armement, etc..
– Avoir le droit à une partie des bénéfices obtenus.
– Pouvoir alléguer que les actions réalisées contre des pays contre lesquels on n’était pas en guerre, mais à qui on voulait fustiger, étaient l’oeuvre de pirates étrangers à sa volonté. >>
Ce texte me rappelle beaucoup la relation que l’Espagne et l’Union Européenne ont avec le Maroc. Il ne faut pas être très doué pour se rendre compte des similitudes des deux relations. L’UE et l’Espagne essaient d’agrandir cette lettre avec le statut avancé. Et je dis agrandir parce qu’ils l’ont déjà accordé.
Oui, c’est vrai, il y a des différences mais dans le fond c’est ce qui est et on ne peut pas l’appeler d’un autre nom. Le Maroc laisse voir qu’il lutte pour les intérêts de l’UE et de l’Espagne en essayant de contrôler, sans rien contrôler, l’immigration illégale, le fondamentalisme, le terrorisme … Le Maroc fait partie de la « armée de mer de l’UE » mais il ne paie pas de forte caution, ce qui lui permet de réaliser des actions impropres d’un membre de l’UE.

En contrepartie cette lettre de course donne le droit au Maroc à :
-Continuer d’être une dictature avec forme de monarchie parlementaire.
– Acheter un matériel de guerre à un bon prix quand il n’est pas offert.
– Violer les droits de l’homme tant de la population marocaine au Maroc comme des saharauis dans les territoires occupés du Sahara Occidental.
-Exporter à l’UE des produits dans des conditions optimales et aux prix moins chers que les produits de l’UE.

-Faire chanter les membres de l’UE, en particulier l’ Espagne et envahir, sans aucune crainte des représailles, n’importe quel rocher dont il a envie.
-Toréer le gouvernement espagnol et se payer sa tête comme si c’était Manolete sans crainte à avoir devant un « Islero ».
Ca lui donne, vraiment, le droit de faire ce qui lui chante parce que, jusqu’à présent, on n’a pas démontré qu’il y a une pression effective de la part de l’UE et ses membres pour que le Maroc devienne une démocratie dans laquelle c’est le peuple qui commande et non le sultan et ses acolytes. De plus, des membres de l’UE, à travers leurs ministres respectifs, louent la « transformation » du Maroc et les avancements réalisés par ce pays dans des sujets comme les libertés publiques et le respect des droits de l’homme. Des affirmations tout à fait incompréhensibles pour nous qui nous suivons, au jour le jour, le pays voisin et les actions que réalisent les différents corps de sécurité tant sur le territoire marocain comme sur le saharaui.

Il a été accordé au Maroc (et maintenant ont essaie de l’étendre) une lettre de course atypique dans laquelle il n’a que des droits et, apparemment, aucune obligation. Celui qui l’accorde ne doit pas oublier que, sous la lettre de course, le propriétaire agit au nom de qui la lui accorde en devenant complice de ses forfaits.

Quelqu’un devrait expliquer les relations opaques (envers la citoyenneté) entre l’UE et le Maroc. Des relations incompréhensibles dans lesquelles il paraît qu’il y a un seul bénéficiaire de celles-ci, l’autre partie devenant un paganini. Des relations qui semblent plus être le résultat d’un chantage que d’un bon voisinage et d’une collaboration entre les deux parties. Des relations si obscures qu’elles nous laissent des mauvaises pensées.
Traduction : Diaspora Saharaui

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