L’impunité homosexuelle du roi du Maroc (journal espagnol)

– Entretemps, il persécute et emprisonne ses sujets pour avoir partagé sa propre orientation sexuelle

– L’homosexualité au Maroc est punissable sous réserve de l’identité de la personne qui la pratique

Source: canariassemanal.org, 14/02/2019

Au Maroc, comme dans d’autres pays ayant l’Islam comme religion officielle, l’homosexualité est sévèrement punie. L’article 489 du Code pénal interdit la pratique de l’homosexualité avec des peines allant de trois mois à trois ans d’emprisonnement.

La vérité est que cette considération à propos de l’homosexualité n’a pas été exclusive aux pays de religion islamique. En Espagne, par exemple, l’homosexualité a également été sévèrement punie, à la fois récemment et dans un passé lointain.

Dans les périodes où l’Inquisition Catholique espagnole avait le pouvoir d’exercer son pouvoir en tant que tribunal autonome disposant de la pleine capacité de décider de la vie ou de la mort des citoyens, être surpris en train d’entretenir des relations homosexuelles risquait d’entraîner directement au feu du bûcher.

Mais il n’est pas nécessaire de remonter de quelques siècles dans le temps pour voir à quel point la vie des homosexuels n’a jamais été simple. Pendant la dictature de Franco, ceux qui ont osé pratiquer ce que l’Église a appelé « le péché néfaste », les homosexuels ont été traités pénalement avec la « loi des paresseux et des escrocs », ce qui pourrait les entraîner en captivité dans des camps de concentration créés à cet effet.

Sans aller plus loin, dans les îles Canaries, et plus particulièrement dans l’île inhospitalière de Fuerteventura, les autorités franquistes ont installé un camp de concentration où les prisonniers homosexuels étaient forcés de purger leur peine avec des travaux forcés.

L’homophobie n’a donc pas été seulement une caractéristique attribuable aux sociétés affectées par l’Islam, mais la culture religieuse judéo-chrétienne était encore plus dure et cruelle envers eux que les pays de religion musulmane.

MOHAMED VI OU L’HOMOSEXUALITÉ NON PUNISSABLE

Cependant, il convient de souligner que la persécution légale des homosexuels au Maroc n’affecte que certains d’entre eux. Il y a d’autres homosexuels dont le statut social les libère des peines qui ne s’appliquent qu’aux pauvres. Un fait qui montre que la « condition de classe » de l’homosexuel détermine également la rigueur de la peine qu’il doit recevoir.

Nous allons apporter des explications. Un livre récemment publié en France est impossible à trouver dans le royaume du Maroc. Son titre est « Mémoires d’un soldat marocain ». Son auteur est Abdelilá Issou, ancien officier de l’armée marocaine, formé à l’Académie militaire royale de Mekinez. Issou est aujourd’hui exilé en Europe.

Dans son livre, Issou, outre une description détaillée de la corruption existant dans les dômes de l’armée et du gouvernement marocain, indique que les flirts homosexuels du monarque actuel Mohammed VI sont largement connus depuis longtemps par les hautes classes du pays.

« Que Mohamed VI ait eu des relations homosexuelles fréquentes depuis qu’il était prince, c’était un secret de polichinelle qui circulait au Maroc. Dans les salons aisés de la bonne société de Rabat et de Casablanca, on en avait déjà parlé pendant les dernières années du règne de Hassan II. Les gens savaient qu’il allait bientôt avoir à faire à un « commandeur des croyants » atypique, une véritable première au Maroc « .

Selon le récit d’Abdelilá Issou dans son livre « Mémoires d’un soldat marocain », l’amoureux du roi était Alaoui, un «petit-fils d’un esclave noir ayant servi dans le palais (les descendants de ces esclaves vivent encore, en état de semi-esclavage, dans la ville royale de Touarga, municipalité à statut spécial appartenant à la préfecture de Rabat, situé dans le Méchoaur). Abderrahmane était l’ami et le camarade de jeu du jeune prince, plus tard l’un de ses confidents et compagnon de sorties nocturnes, mais nous ne trouvons aucune trace dans les annales officielles vue la relation embarrassante avec le palais ».

Tel que rapporté par Issou dans son livre, Alaoui et l’auteur ont coïncidé 1995 à Tanger, où Alaoui avait été affecté à la gendarmerie. Un soir, les deux ont partagé des boissons et des discussions dans un bistro de la ville. Au fur et à mesure que la nuit avançait, l’alcool commença à faire effet et sa langue se libérait.

« Il m’a laissé comprendre que sa relation avec son grand ami n’était plus aussi bonne et que c’était en raison de certains rapports confidentiels, dont il n’a pas expliqué la nature, que le ministre de l’Intérieur de l’époque, le tout-puissant Driss Basri, avait présenté au roi Hassan II. Quelques heures plus tard, son chauffeur est venu nous chercher et ils m’ont déposé dans le phare de Malabata. Je ne l’ai plus revu ».

Et voilà, au Maroc comme dans d’autres parties du monde, la « condition de classe » d’un homosexuel est également un facteur déterminant au moment d’être persécuté ou non. Cela montre que, chez les homosexuels, il en va de même pour les femmes, les Noirs, les Gitans, les Juifs … ou avec le reste des êtres humains. L’appartenance à l’une ou l’autre classe détermine la manière dont vous serez considéré par ceux qui contrôlent le pouvoir politique, judiciaire et économique.

Ce type de discrimination raffinée n’est pas une caractéristique exclusive des pays arabes. Aujourd’hui, nous pouvons savoir, grâce à des recherches historiques, que certains des inquisiteurs espagnols des XVIe et XVIIe siècles ont envoyé au feu du bûcher des homosexuels présumés et gisaient simultanément avec les enfants d’autels à leur service dans les appartements monastiques austères.

EDGAR HOOVER, LE CHEF HISTORIQUE DU FBI, PERSECUTAIT AVEC ACHARNEMENT CEUX QUI PARTAGAIENT SES MÊMES PRÉFÉRENCES SEXUELLES

Ou plus récemment, il y a à peine 60 ans. Au cours des persécutions anticommunistes contre le maccarthysme dans les années 1950, Edgar Hoover, l’héros historique de l’extrême droite et indiscutable chef du FBI, au même temps qu’il se démenait en vue de concocter des pièges sophistiqués contre ses ennemis politiques en les accusant d’être homosexuels, lui, derrière les portes, n’hésitait pas au moment d’exercer son homosexualité avec son second de bord au Federal Bureau of Investigation, Clyde Anderson Tolson.

En synthèse et pour résumer l’idée centrale de cet article. Autant au Maroc que dans la plupart des pays d’Occident et d’Orient, il existe un phénomène social ahurissant. Il y a des homosexuels distingués auxquels toute la société et ses médias peuvent rendre un hommage respectueux et admirer, en louant même leurs préférences sexuelles. Simultanément, il y a aussi d’autres homosexuels, qui sont communément considérés comme de simples « pédés de merde », sur lesquels retombe lourdement le poids des lois ou de la discrimination sociale.

Comme vous pouvez le constater, tout est réduit à la question élémentaire de la classe sociale à laquelle on appartient.

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