La politique étrangère du PSOE (2004-2011)

  • Après la victoire électorale duParti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), en mars 2004, et la désignation de Miguel Angel Moratinos en tant que Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, la désaznarisation (Aznar) de la politique étrangère de l’Espagne avait entre ses axes fondamentaux une dimension méditerranéenne, réconciliation avec le Maroc et le retour de l’Espagne vers ses partenaires traditionnels, notamment la France.
  • La nouvelle politique étrangère du gouvernement socialiste a cherché de retrouver une politique reposant sur une Espagne européenne, tournée vers la Méditerranée et le monde arabe, tissant des liens privilégiés avec l’Amérique latine et entretenant des rapports équilibrés avec les Etats-Unis, pour répondre aux enjeux internationaux (terrorisme international, armes de destruction massive, immigration clandestine, protection de l’environnement, globalisation économique, …)
  • Le discours officiel a repris l’ancien cours des gouvernements de Felipe Gonzalez qui défend la validité et la nécessité d’une « politique globale» envers le Maghreb, basée sur le développement simultané des relations avec chaque pays et avec l’ensemble.
  • Dans la pratique, la vraie priorité du gouvernement socialiste était la réinitialisation des relations avec le Maroc. A cet effet, Zapatero a cherché de concilier deux objectifs : la réconciliation avec le Maroc qui ne doit pas affecter les bonnes relations de l’Espagne avec l’Algérie et la concertation avec la France en ce qui concerne la politique d’Espagne pour la région.
  • Le Gouvernement de Zapatero est convaincu que la défense des intérêts espagnols au Maghreb passe essentiellement par le renforcement des relations avec la France et la mise en œuvre d’actions concrètes avec ses partenaires de l’Union européenne.
  • L’agenda officiel des socialistes s’est fixé un objectif, considéré prioritaire, d’encourager l’intégration régionale du Maghreb et de la revitalisation de l’UMA.
  • Cela implique, d’un côté, la transmission aux gouvernementset à la société civiledans la région l’importance économique etpolitique du coût du non Maghreb, et d’autre part, l’implication dans la résolutiondu différend régional sur le Sahara marocain, basé sur la convictionque seul unaccord politiquenégocié entreles parties permet desortir de l’impasse.
  • Le premier déplacement officiel du chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, à l’étranger a été réservé au Maroc. C’était le samedi 24 avril 2004. Lors de cette visite, Zapatero a souligné qu’il était possible de trouver « un point d’équilibre » qui respecte les droits de toutes les parties et de déboucher sur un « grand accord » dans le cadre des Nations Unies.
  • Dans ce contexte, après les attentats terroristes du 16 mai à Casablanca et du 11 mars à Madrid, le Gouvernement du Parti socialiste considère qu’on ne peut plus continuer de se cacher derrière un statu quo qui porte préjudice aux intérêts nationaux. L’exécutif socialiste a développé depuis son arrivée au gouvernement, en mai 2004, une activité diplomatique intense qui reflète la volonté active de débloquer la question du Sahara.
  • La diplomatie espagnole a opté, depuis mars 2004, pour un « engagement positif et actif » dans le but de trouver une solution politique au différend régional sur le Sahara.
  • Dans ce cadre, la nouvelle position de l’Espagne par rapport à la question du Sahara marocain préside à l’établissement d’un nouveau climat dans les relations bilatérales hispano- marocaines. L’exécutif socialiste pense que la prolongation du différend régional sur le Sahara représente l’obstacle plus important pour la stabilité de la région. En effet, il constitue un obstacle au processus d’intégration régionale qui lui-même freine le développement économique ainsi que la modernisation politique et sociale de la région, perçues comme nécessaires pour s’attaquer aux racines de l’immigration illégale et de la menace terroriste.
  • Le Gouvernement socialiste s’est déployé pour que l’Espagne soit un pays-clé dans la solution de la question du Sahara sous les auspices des Nations Unies.
  • L’exécutif de José Luis Rodriguez Zapatero, a souligné l’existence d’autres alternatives à la résolution du différend régional sur le Sahara, et ce en raison de la complexité et la difficulté de l’organisation d’un Référendum, auquel s’attache le polisario comme unique solution à ce contentieux.
  • Après les élections de 2008, le Gouvernement de Zapatero continue d’appliquer le « principe de neutralité active » dans ce différend régional sur le Sahara, considérant que la meilleure solution est celle qui sera le fruit d’un accord entre les parties.
  • José Luis Rodriguez Zapatero a destitué, le 20 octobre 2010, Miguel Angel Moratinos, Chef de la diplomatie espagnole depuis la première victoire électorale des socialistes en mars 2004, et a nommé à sa place Trinidad Jiménez.
  • Le démantèlement du camp de Gdeim Izik et les troubles survenus dans Laâyoune et d’autres villes du Sahara marocain ont été perçus par la diplomatie espagnole comme des risques encourus par l’existence du statu quo et le refus, de la part des autorités marocaines, d’autoriser l’entrée au Sahara marocain de plusieurs délégations espagnoles, des journalistes et autres n’a pas soulevé de protestations formelles de la part du Gouvernement espagnol.
  • Zapatero a effectué une visite en Tunisie, le 27 février 2011, à la suite de la révolution qui a entraîné la chute de Ben Ali et a fait que l’Espagne reconnaisse, début juin 2011, le Conseil National de Transition libyen, cherchant à affirmer son rôle dans le Maghreb, considéré l’une des priorités de sa politique étrangère.
  • Le chef du gouvernement espagnol Zapatero a salué la volonté de réformes de Sa Majesté le Roi, devenue une référence pour beaucoup d’autres pays, après le référendum, en juillet 2011, sur un projet de révision constitutionnelle approuvé par la majorité des marocains.
  • La Ministre espagnole des Affaires Etrangères et de la Coopération, Trinidad Jiménez, a indiqué, en juillet 2011, que le Maroc est un grand pays qui est en train de franchir des pas très importants pour consolider son processus de réformes. Elle a, en outre, salué le climat d’entente qui caractérise les relations entre le Maroc et l’Espagne, se félicitant du contact permanent entre les responsables des deux pays pour aborder les questions d’intérêt commun. Elle a, également, qualifié la réforme constitutionnelle au Maroc de pas extrêmement important dans le processus de démocratisation, engagé par le Royaume car cette réforme constitutionnelle érige le Maroc en pays d’avant-garde et en modèle pour les pays du Maghreb et de la Méditerranée.

 

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