Tunisie: Saïed annonce un “dialogue national” sans Ennahda

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La Tunisie a vécu un mois d’avril pour le moins compliqué politiquement et ce n’est pas la traditionnelle indolence politique du Ramadhan qui a empêché le Président Kaïs Saïed de faire des annonces concernant le « bouclage » du processus politique enclenché au lendemain des inédites décisions prises le 25 juillet 2021.

Après avoir pris en compte les résultats de la consultation populaire qu’il avait lancé la mi-janvier dernier et qui consistait en un formulaire à remplir par les citoyens tunisiens sur leur avis sur la façon dont devrait être menée la transition politique, le président Saïed a annoncé, lors de ses vœux au peuple tunisien à l’occasion de l’Aïd el Fitr, célébré lundi et mardi, la tenue d’un “dialogue politique national” dont seront exclues plusieurs formations politiques, principalement le mouvement d’obédience islamiste Ennahda, la principale force politique en Tunisie depuis la chute du régime de Zine El Abidine ben Ali en janvier 2011.

Ce discours a été l’occasion pour Kaïs Saïed d’annoncer la mise en place d’une commission chargée de “gérer le dialogue national”, une mesure visant à répondre aux attentes de la communauté internationale qui avait mis la pression sur le pouvoir tunisien après le gel du parlement le 25 juillet 2021, puis sa dissolution le 30 mars 2022. Il vient aussi contrebalancer la décision de Kaïs Saïed , prise le 22 avril, de nommer le Président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).

Selon un décret publié par le Journal officiel de la République tunisienne, le chef de l’État pourra nommer trois des sept membres de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (Isie), dont son président. Ce dernier devait, selon la loi organique de 2012 sur l’organisation des élections, être désigné par le Parlement.

Ce n’est pas la première institution qui passe de facto sous le giron de la présidence. En février dernier, il y a eu la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), remplacé par un organe de supervision judiciaire “temporaire” dont les membres ont été nommés par le Président tunisien.

S’agissant du dialogue national annoncé par Kaïs Saïed, quatre organisations devront y prendre part. Il s’agit de la centrale syndicale UGTT, l’organisation patronale UTICA, la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats. Le choix de ce quartette, serait lié à sa crédibilité internationale, car il avait reçu en 2015 le prix Nobel de la paix pour sa contribution à la transition démocratique en Tunisie. Un gage offert donc aux partenaires étrangers, soucieux d’une sortie de crise politique rapide en Tunisie.

Pour rappel, il a été décidé l’organisation d’un référendum pour la réforme de la constitution tunisienne le 25 juillet prochain, qui sera suivi des élections législatives le 17 décembre, sous un climat d’incertitudes dans un pays de quelque 10 millions d’habitants secoué une crise économique aigüe et un fort taux de chômage.

En décembre 2021, l’Algérie avait accordé un prêt de 300 millions de dollars à la Tunisie, à la veille d’une visite officielle de deux jours du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Tunis.

De Tunis, Akram Kharief

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