Algérie : Tebboune se concerte avec la classe politique

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La rencontre du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avec les présidents des partis politiques représentés aux Assemblées nationales et locales élues s’est tenue, hier mardi, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal (Alger). Dans leurs interventions lors de cette rencontre, tenue en présence du Premier ministre, M. Nadir Larbaoui, et du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Boualem Boualem, les présidents de partis ont partagé leurs vues, fait part de leurs préoccupations et soumis des propositions sur plusieurs questions nationales, avant d’écouter la réponse du président de la République.

Cette rencontre historique, à laquelle ont participé 27 partis politiques, intervient conformément aux engagements du président de la République à instaurer la tradition du dialogue et de la concertation avec la classe politique en consécration de la démocratie participative.

Depuis quelques semaines, dans le sillage de la surprenante annonce du président Tebboune de tenir des présidentielles anticipées, nous assistons à une résurrection salutaire des partis politiques, qui mettent les petits plats dans les grands pour s’inscrire dans la nouvelle dynamique électorale.

Si certains ont déjà tranché le nœud gordien de la participation, en choisissant de marcher sous leur propre étendard avec des candidatures partisanes, à l’exemple de l’UPC, l’ANR et le PT, d’autres sont toujours dans l’expectative, sans doute attendent-ils un signal qui viendrait des centres décisionnels. Ce sont, en gros, les partis qui forment l’actuelle majorité parlementaire, auxquels il faut ajouter le MSP.

Très présents sur le devant de la scène, ces partis portent un discours rassembleur, dont le mantra est un candidat du consensus, comme réponse aux redoutables défis que pose le contexte géostratégique, dans lequel s’inscrit le rendez-vous du 7 septembre. Leur plaidoyer en faveur d’un consensus, qui transcenderait les limites et les calculs partisans, semble trouver son écho dans l’initiative du président Tebboune d’organiser un raout des partis politiques siégeant aux assemblées élues, c’est dire l’APN, les APW et les APC.

Pour être précis, il s’agit de 27 partis politiques, reçus hier au Centre International des Conférences (CIC) par Abdelmadjid Tebboune, accompagné de son Premier ministre, du directeur de cabinet et de celui de la Communication, avec pour intitulé « consacrer le dialogue et renforcer la stabilité ». Si la présidence de la République s’est gardée de donner le moindre détail sur la rencontre, alors qu’elle constitue un événement politique majeur, à la fois parce que c’est une première pour le président, face à une pluralité de partis (alors que jusque-là il avait privilégié des rencontres bilatérales) et aussi parce qu’elle marque la relance du dialogue politique entre pouvoir et partis politiques, après une longue séquence de rupture de contact.

Ainsi, le truculent Abdelkader Bengrina, a révélé sur son compte X (ex-twitter) que le président Tebboune a invité son parti et les autres formations politiques « pour une rencontre exceptionnelle de débat et de concertation autour de questions nationales et le renforcement du front intérieur contre les menaces qui pèsent sur le pays. »

Pour sa part, Louisa Hanoune, qui s’est entre temps rabibochée avec le pouvoir, a confirmé la rencontre, défendant devant les cadres de son parti l’inanité du principe de la chaise vide. Au-delà des lectures et des réticences qu’elle peut générer, ce qui est normal, c’est le sens même du pluralisme politique, une telle rencontre entre le président Abdelmadjid Tebboune est à saluer. On se demande même s’il n’avait pas fallu la tenir un peu plus tôt, voire avant l’annonce de la présidentielle anticipée. Mais mieux vaut tard que trop tard.

Aujourd’hui, la priorité des priorités qui fait consensus dans le spectre politique, c’est la réalité de la menace et des velléités de déstabilisation de notre pays, qui donne à cet égard l’apparence d’une citadelle assiégée par des forces hostiles. Des forces qui ne supportent pas son rôle d’acteur majeur dans l’équation géostatique régionale. Qui voient aussi d’un mauvais œil les audaces de sa diplomatie, active sur la scène internationale en faveur des causes justes, comme la question palestinienne et le dossier du Sahara occidental.

Dès lors que tout le monde partage le même constat, il s’agira donc de faire accoucher cette rencontre d’une approche commune sur la manière d’y faire face. À l’évidence, plus cette gagne des soutiens dans la classe politique, plus elle aura le poids, la force et la configuration d’un large front interne et populaire, à opposer aux agissements néfastes des comploteurs.

À ce propos, n’est-ce pas l’occasion aussi de poser la question de la candidature de consensus pour la présidentielle prochaine, un cheval de bataille de plusieurs partis politiques, comme faisant partie du dispositif de sanctuarisation du pays ? Car un président bien élu avec une large et profonde majorité populaire est plus à même de porter haut et fort la voix du pays dans le monde.

H. Khellifi

Source : L’Est Républicain, 22/05/2024

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