Voici pourquoi le Maroc et Israël s’opposent à la construction du Maghreb

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La journée d’étude intitulée « La question du Sahara occidental au cœur de la conscience mondiale» aura été une autre occasion de nous replonger dans la stratégie régionale et internationale, à l’aune des deux guerres qui se déroulent en Ukraine et à Gaza, et qui scelleront le sort de beaucoup de choses à la fois.

Toutefois, malgré les enjeux qui en découlent, ces deux guerres ne peuvent occulter, pour Alger, l’autre guerre qui se déroule à nos portes sud‐ouest : celle du peuple sahraoui opprimé par le dernier Etat colonial en Afrique : le Maroc.

Présents en force lors de cette journée, les experts en relations internationales ont confirmé que la construction d’un «Maghreb arabe des peuples» est devenue un «impératif» au vu de l’évolution du monde, tenant le Maroc pour responsable d’avoir entravé la construction de l’espace maghrébin en raison de ses ambitions coloniales et ses relations avec l’entité sioniste usurpatrice».

Sahara occidental et Palestine : colonialisme au Maghreb et colonialisme au Machrek. «Qui se ressemble s’assemble», dit l’adage millénaire. Cette coalition d’usurpateurs du droit international ne peut être intégrée dans un espace de paix et de solidarité.

Dans son intervention, incisive et remarquée, le directeur de l’institut, Abdelaziz Medjahed, a souligné l’importance de construire « un Maghreb arabe des peuples», soulignant que le succès dans la réalisation de cet objectif dépend de la seule volonté des peuples ; puis, posant la question «Quel est le poids des peuples du Maghreb et quel est celui du Makhzen ?».

Puis : «Le Makhzen ne sert pas les intérêts des peuples, mais travaille plutôt contre eux», et cette cause «commande de la dénoncer, car il est du devoir de toutes les personnes intègres du monde de souligner ce fait». De son côté, le directeur du Centre sahraoui d’études stratégiques, Ibrahim Mohamed Mahmoud, a souligné dans son intervention que l’instauration d’un «Maghreb arabe des peuples» est inévitable, car imposée par le contexte international actuel et les transformations majeures qui se succèdent, non seulement dans cette région, mais même dans tout le continent africain».

A cet égard, il a déclaré : «Les défis et les répercussions sont grands et impliquent une lourde responsabilité, qui nécessite de revenir à l’idée de blocs pour que les pays puissent exercer leur souveraineté et défendre leurs intérêts», soulignant que la construction d’un «Maghreb arabe des peuples» est une idée réaliste, «en vertu des relations entre les peuples, des points communs et des ressources naturelles disponibles dans la région», appelant à l’exemple «de nombreux pays africains qui ont réussi à construire des blocs». Ibrahim Mohamed Mahmoud a prévenu que le Makhzen «est celui qui fait obstacle à la construction du bloc maghrébin, car il ne respecte pas la légitimité internationale et a des ambitions expansionnistes, puisqu’il occupe toujours le Sahara occidental».

Pour l’orateur, l’autre raison pour ne pas construire une union maghrébine est «la présence d’intentions coloniales qui ne cherchent pas le bien‐être de la région, mais, au contraire, veulent garder sous la main une colonie pour piller ses ressources», et donc ‐ ajoute‐t‐il, ‐ «le Maghreb des peuples» est une tentative qui doit provenir des peuples, «lesquels imposeront d’ouvrir des ponts de communication entre les élites et la société civile pour atteindre cet objectif».

Dans ce contexte, il a souligné que l’Algérie possède toutes les capacités qui la qualifient pour lancer et encadrer le débat et « être la locomotive qui poussera les peuples de la région à construire l’édifice maghrébin», concluant que la construction d’un «Maghreb des peuples» est une conviction ferme, inéluctable et inéluctable et un facteur de stabilité et d’équilibre dans la région.

Quant à l’ambassadeur de la République arabe sahraouie en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, il estime qu’à la lumière des évolutions actuelles, la réponse réelle et appropriée aux projets coloniaux est «la construction d’un Maghreb arabe des peuples», se félicitant de la récente réunion tripartite qui a réuni les présidents de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye.

Dans son intervention sur le sujet, le directeur du Centre arabe de recherche et d’analyse politiques à Genève, Riyad Al‐Sidawi, a confirmé que l’objectif est désormais de fonder un «Maghreb arabe des peuples», loin de l’approche qui entrave la construction de l’Union du Maghreb arabe par l’occupation du Sahara occidental par le Maroc et la normalisation avec l’entité sioniste», soulignant «le refus des peuples de la région d’entretenir des relations avec l’entité sioniste, y compris le peuple marocain, puisque «pas moins de 85 %» est contre la normalisation avec l’entité sioniste, comme le confirment les centres de sondage d’opinion.

Dans un contexte connexe, il a salué la réunion consultative périodique entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie, affirmant que cette réunion serait « une voie vers la construction de l’Union du Maghreb arabe ».

À son tour, le journaliste et militant marocain Badr Al‐Aidoudi a estimé, dans son intervention depuis l’Espagne par visioconférence, qu’«il n’est pas possible de construire l’Union du Maghreb arabe à la lumière de la vision étroite et des ambitions coloniales du Maroc».

Il a poursuivi en disant : «Il y a de réelles tentatives pour qu’il n’y ait pas d’union, que ce soit de la part du Makhzen ou de l’entité sioniste occupante, car toute union ferait de la région une équation difficile à l’heure actuelle, surtout à la lumière des transformations actuelles», regrettant que le Makhzen «se soit associé aux sionistes».

L’Express, 15/05/2024

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