Face aux limites de l’ONU, l’Algérie plaide pour des solutions africaines

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Face à l’état de paralysie du conseil de sécurité de l’ONU : Alger joue la carte de l’Union Africaine

Par Djilali B.

La diplomatie algérienne recentre son intérêt sur l’Afrique dans l’objectif de donner un nouvel élan à ses relations bilatérales et proposer, dans le contexte régional et mondial actuel, des solutions «locales» aux crises et conflits qui préoccupent le continent.

Dans ce cadre, le ministre des affaires étrangères Ahmed Attaf a repris son bâton de pèlerin pour se rendre cette fois au Kenya, où il a été reçu par son homologue Musalia Mudavadi. Les deux diplomates ont évoqué, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères, les moyens de renforcer les relations bilatérales, avec un accent sur les domaines de l’industrie, de l’agriculture, de l’éducation, de l’énergie, du commerce, de la formation ainsi que la défense et la sécurité. Il est question aussi, au plan politique de consultations et de coordination sur les questions régionales, notamment la région est du continent et le Sahel, est-il relevé dans le document.

En effet, une analyse objective de la situation qui prévaut dans ces deux régions mais aussi plus loin, au Moyen-Orient notamment, montre les limites de l’ONU, en raison de sa structuration qui remonte à sa création en 1945, son fonctionnement dépassé qui a atteint ses limites pour pouvoir aujourd’hui apporter les réponses attendues à des crises qui se succèdent sans fin. Raison pour laquelle l’Algérie plaide, dans le cadre du continent et de l’union africaine, pour des solutions africaines. Ce qui d’ailleurs explique en partie le périple africain d’Ahmed Attaf pour sensibiliser ses homologues à cette option. Le Kenya est situé dans un axe marqué par des crises étalées sur des décennies ou rattrapées par d’autres tensions. On peut citer à ce propos la crise du Soudan, la tension entre l’Ethiopie et le Soudan et l’Egypte, la Somalie ou encore le nouveau conflit entre la Somalie et l’Ethiopie. Il en est de même dans la sous-région du Sahel voisine de l’Algérie, où les crises politico-sécuritaires sont accentuées par les coups de force des armées qui ont instauré des transitions sans perspective de calendrier d’un retour à l’ordre constitutionnel. Les partenaires ont souvent évoqué avec l’Algérie l’option d’une concertation et de poursuite des consultations pour trouver des solutions politiques aux crises qui minent le continent.

Par ailleurs, les deux responsables ont évoqué les questions internationales, notamment la situation à Ghaza qui a de son côté la voix de soutien historique de l’union africaine, appelée à se confirmer davantage et à se concrétiser par des actions.

«Des solutions africaines aux problèmes africains»

«Le génocide perpétré contre le peuple palestinien à Ghaza était au menu de sa rencontre avec le chef de la diplomatie kenyane, tout comme les questions liées à la paix et à la sécurité en Afrique de l’Est et dans les régions sahélo-sahariennes», lit-on dans le document citant la conférence d’Ahmed Attaf qui a évoqué «la détermination de l’Algérie et du Kenya à consolider leurs relations à travers différents mécanismes, insistant sur l’impératif de renforcer le rôle de l’union africaine».

Ahmed Attaf a abordé le contexte de sa visite au Kenya en évoquant un «monde qui connaît des changements profonds et accélérés dans un contexte de tensions, de crises et de conflits toujours croissants, qui continuent d’impliquer d’énormes défis tant au niveau international que régional».

Et face aux défis et préoccupations qu’il a cités, il a relevé «l’état de paralysie presque totale que connaît aujourd’hui le conseil de sécurité» qui «a prouvé une fois de plus l’impérieuse nécessité pour nous de rechercher et de mettre en œuvre des solutions africaines aux problèmes africains», a-t-il plaidé, ajoutant qu’il est «urgent et impérieux de donner à notre organisation continentale, l’union africaine, les moyens d’agir, afin que l’Afrique puisse enfin façonner son destin par ses propres moyens». Parce que, selon lui, « l’environnement international est loin d’être propice à une ère de coopération mondiale fondée sur l’interdépendance, la compréhension et la confiance». Ce qui appelle, cela va de soi, à des réformes des structures et du fonctionnement de l’ONU. Et incite aussi les pays de l’UA à renforcer leur position pour offrir des alternatives, pour résoudre les crises du continent. L’Algérie maintient son engagement à être le porte-voix de l’Afrique et à défendre sa cause au conseil de sécurité de l’ONU.

L’Algérie travaille avec les partenaires africains à renforcer l’UA et ses instances et renforcer son indépendance politique. Du pain sur la planche pour l’Algérie et les fonctionnaires du plateau des Annassers.

Source : L’Algérie aujourd’hui, 09/04/2024

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